Le code Québec (1) a défini 7 caractéristiques de la culture québécoise : heureux, consensuel, détaché, victime, villageois, créatif, fier.
L’aspect « consensuel » amène souvent à adopter l’expression « Pas de chicane dans la Cabane ». Et dans les milieux de travail et de vie, on y voit souvent l’évitement du conflit, celui-ci étant perçu comme négatif.
Or le conflit peut être positif, et notamment pour les 5 raisons suivantes (2) :
Le conflit nous relie à nos besoins et nos valeurs : Le conflit nous alerte sur un le fait que l’un de nos besoins fondamentaux n’est pas comblé. Et nos besoins fondamentaux (p. ex. appartenance, autonomie, réalisation, estime de soi) sont enracinés dans des valeurs — (p. ex. amour, justice, éthique, famille). Regarder le conflit sous cet angle, nous permet de nous familiariser avec nos besoins fondamentaux et de pouvoir observer nos réactions lorsque ces besoins ne sont pas satisfaits. Cela nous pousse à grandir en prenant la responsabilité de nos besoins et à nous aligner davantage sur nos valeurs.
Le conflit clarifie la stratégie dans une équipe de travail : Souvent, les conflits en groupe sont le résultat d’une stratégie peu claire dans l’atteinte des objectifs par l’équipe. Questionner le cadre et observer les tensions interpersonnelles peuvent aider à clarifier ce qu’est vraiment le désaccord, et permettre à un groupe de s’aligner plus profondément sur le « comment ».
Le conflit fait émerger de nouvelles hypothèses lors de volonté de changements : Les conflits font émerger des hypothèses dépassées dans la façon dont nous nous rapportons les uns aux autres, pourquoi nous voulons procéder à des changements, et ce que nous pensons comme étant la meilleure façon d’y arriver. Lorsque ces hypothèses n’ont pas été contestées, nous pouvons souvent fonctionner dans le statu quo (sur le pilote automatique). Lorsque nous remettons en cause les hypothèses, les idées abondent.
Le conflit guérit : Le conflit met en lumière les blessures et les traumatismes passés (structurels et interpersonnels). Si les conflits émergent avec la volonté positive de résolution pour l’avenir, alors ils nous offrent un nouveau contexte dans lequel l’expérience est curative et libératrice.
Les conflits renforcent les relations : Lorsque nous prenons le risque de révéler nos besoins et nos vérités inconfortables, et de naviguer dans les défis ensemble, nous construisons la connexion et la confiance. Se tourner les uns vers les autres par le conflit guérit et nous rapproche des relations dont nous avons besoin, pour réellement arriver au monde dans lequel nous voulons vivre.
Aussi la prochaine fois que nous serons confronté à une situation qui nous apparaît conflictuelle, prenons le temps :
- de nous observer (nos besoins),
- de comprendre le contexte (rapport à l’autre et objectifs attendus)
- de nous demander quel futur nous souhaitons donner dans notre rapport à autrui.
(1) « Le Code Québec » Jean-Marc LÉGER, Jacques NANTEL et Pierre DUHAMEL – Éditions de l’Homme
(2) Texte transcrit sur la base des écrits de Jovida Ross et Weyam Ghadbian « Turning towards each other »